Intelligence et sensibilité - Journée de rencontre Art-Science
Arles Créative et Ananké organisent une journée de rencontre Art-Science qui réunira des artistes dont les projets explorent les transformations liées au numérique, ainsi que des chercheurs et chercheuses spécialistes de l’IA, du traitement de l’information, des environnements numériques et de leurs effets culturels, sociaux et esthétiques.
L’objectif de cette rencontre n’est pas seulement de mettre en discussion les usages artistiques de l’IA, ou de débattre de ses risques. Il s’agit surtout de construire un espace commun d'enquête entre artistes et scientifiques, afin de comprendre ce que cela transforme dans nos manières de concevoir, de percevoir et d’habiter un monde de plus en plus médié par des dispositifs techniques.
Programme
Vendredi 16 octobre 2026 à l'hôtel Quiqueran de Beaujeu, 16 rue des Arènes 13200 Arles.
9h30 – Accueil Café
9h45 – Introduction de la journée
10h00 – Présentations croisées des artistes et scientifiques
12h30 – Pause déjeuner
14h00 – Table ronde, thématique 1 : Imaginaires techniques, création et IA
15h45 – Table ronde, thématique 2 : Sensibilité et formes de vie à l’épreuve de la technicisation
17h30 – Fin de la journée
Avec la participation de :
- Nadia Abchiche-Mimouni, enseignante-chercheuse à l’Université Nice Cote d’Azur
- Mathilde Ayoub, doctorante en Arts, Humanités et Création à l’Université de Cergy et à l’Institut National du Patrimoine
- Hugo Jacq, artiste photographe et vidéaste
- Orane Grunenwald, artiste photographe
- Aurélien Meimaris, artiste, photographe
- Caspar Noyons, artiste plasticien et illustrateur
- Alessandro Rolandi, artiste, chercheur et auteur indépendant
- Samuel Tronçon, chercheur et philosophe au Netlab
Inscriptions
Entrée gratuite sur inscription via notre page HelloAsso ou par mail lucie.noyons@ananke.coop
Intention scientifique et artistique
L’intelligence artificielle ne peut être comprise ni comme une pure innovation technique, ni comme un simple imaginaire culturel. Elle est à la fois un ensemble de modèles scientifiques, une infrastructure industrielle, un objet de récit, un outil de production symbolique et un révélateur des tensions contemporaines.
À ce titre, elle peut être abordée comme un symptôme : elle rend visibles les désirs, les peurs, les impasses et les contradictions d’une époque qui cherche à automatiser le langage, l’image, la décision, la mémoire et jusqu’à certaines formes de créativité. Elle interroge le geste de création, le statut de l’auteur, les formes de l’œuvre, les régimes de perception et les frontières entre l’humain et la machine.
Mais l’IA ne pose pas seulement la question de ce que la machine peut produire. Elle oblige aussi à interroger ce qui, dans les corps, les relations et les formes de vie, échappe à la rationalisation technique ou se trouve rendu visible, déplacé ou transfiguré par elle. Elle met au jour nos vulnérabilités : notre dépendance aux outils, notre volonté de puissance, notre incapacité à maîtriser les artefacts et nos contradictions.
Cette journée permettra donc de travailler deux axes complémentaires :
– d’une part, les imaginaires artistiques et techniques de l’IA : comment les récits, la science-fiction, les formes artistiques et les projections collectives ont rendu l’IA pensable, désirable, inquiétante ou contestable ; et comment l’IA transforme aujourd’hui les pratiques d’invention et de création ;
– d’autre part, la question de la sensibilité face à la technicisation : ce que les technologies numériques révèlent de notre rapport au monde, aux corps, aux relations, à l’attention et aux formes de présence que les pratiques artistiques peuvent préserver, déplacer ou réinventer.
Crédits photo : No form, réalisé par Tsai Ming-Liang (2012) © Homegreen Films


